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1 ÇA FAIT DES ANNÉES QUE LES FLEURS ONT FANÉ

1 ÇA FAIT DES ANNÉES QUE LES FLEURS ONT FANÉ

Prix habituel €250,00 EUR
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20 en stock

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42 X 59 CM
300g/m2 Papier arches 88

Mon projet « ça fait des années que les fleurs ont fané » est également mon
diplôme DNSAP de 3ème année des Beaux-Arts de Paris. Ce projet prend
racine dans les traumatismes trans-générationnels, les mémoires
silencieuses, les blessures qui se transmettent sans mots, par les gestes, les
silences, les corps. Après la lecture des Damnés de la Terre de Fanon, un
séisme intérieur s’est produit : une faille s’est ouverte, pleine de questions
sur l’héritage, l’histoire des miens, ma place entre des mondes qui
m’appartiennent et m’échappent. J’ai compris que le racisme mutait, qu’il se
transformait, se dissimulait, mais persistait. L’héritage des peuples déplacés
est un héritage en perpétuel mouvement, déraciné, diffus, morcelé, comme
des fantômes qui nous hante.
Je suis à la recherche des fantômes: esprits, ectoplasmes, présences
invisibles. Je travaille avec les blessures non-dites, les absences.
La spiritualité traverse mes oeuvres: elle lie les mondes et les cycles.
Deviennent des formes essentielles le questionnement et la déchirure,
comme une sorte de rituel tournant autour de cette idée de cycle: non pas
comme un enfermement, mais comme une renaissance.
Enfant, je regardais les montagnes de grenades éclatées au sol dans le jardin
de ma grand-mère et, en grandissant, j’ai compris qu’elles étaient devenues
des symboles pour moi: dures robustes mais pleines de pierres précieuses
prêtes à éclater.
À la différence des fantômes silencieux, longtemps laissées au fond du puits
comme un gouffre, mes grenades mutent. Elles resurgissent pour envahir,
elles prolifèrent, et reprennent leur pouvoir. Elles représentent des pensées
libérées, des tabous brisés, des mémoires qui refusent l’oubli.
Je joue avec les contradictions : douceur et violence, beauté et dureté,
bombardement et renaissance. Mes installations, mes images, mes objets
racontent des histoires fracturées et reconstruites. J’y explore les bugs du
système, les mutations identitaires, la réparation, la reconstruction. Je
cherche à créer des espaces saturés d’ectoplasmes, où les douleurs ont
droit à la transformation, l’invisible retrouve une forme et les fantômes leur
place.


Tassiana Aït-tahar 2025

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